Spiritualité 

La Confession

        "redécouvrir la confession c'est redécouvrir l'Amour de Dieu"

La manière de communier

       L'agenouillement

Exhortation de Sa Sainteté Benoît XVI "Sacramentum Caritatis"

(lien site du Vatican)

Académie Pontificale pour la Vie

 

La christianophobie

         Le décalogue de la sérénité de Jean XXIII

 

Du devoir d'évangéliser

"L'homme est racheté par l'amour"

La communion dans la main

Clonage : Le « père de Dolly », Ian Wilmut renonce !

Et pourquoi ne se marient-ils pas ?

Un choix décisif

Déclaration Téléthon

Europe : avortements à géographie variable

 

"L'homme est racheté par l'amour"

BENOIT XVI présente son encyclique

 

« L’homme est racheté par l’amour » : Benoît XVI a résumé son encyclique sur l’espérance chrétienne, « Spe salvi » en insistant sur cet aspect du texte qu’il a signé le 30 novembre. « La science contribue beaucoup au bien de l’humanité - sans aucun doute -, mais elle n’est pas en mesure de le racheter. L’homme est racheté par l’amour, qui rend la vie personnelle et sociale bonne et belle », a souligné le pape.
Après avoir évoqué le sens du temps de l’Avent, temps de l’attente pleine d’espérance, qui commence par ce premier dimanche, le pape a dit : « Ce dimanche est donc un jour indiqué s’il en est pour offrir à toute l’Eglise et à tous les hommes de bonne volonté ma seconde encyclique que j’ai justement voulu consacrer au thème de l’espérance chrétienne. Elle s’intitule « Spe salvi » parce qu’elle s’ouvre par l’expression de saint Paul : « Spe salvi facti sumus – Dans l’espérance nous avons tous été sauvés » (Epître aux Romains 8, 24) ».

Benoît XVI a souligné combien l’espérance est liée à la foi, dans le Nouveau Testament et dans la vie des saints. Mais le pape a expliqué surtout la racine de cette espérance chrétienne : la foi dans la miséricorde et la bonté de Dieu : « C’est un don qui change la vie de qui le reçoit, comme le démontre l’expérience de tant de saints et de saintes. En quoi consiste cette expérience, si grande et si ‘fiable’ qu’elle nous fait dire qu’en elle nous avons le ‘salut’ ? Elle consiste, en substance, dans la connaissance de Dieu, dans la découverte de son cœur de Père bon et miséricordieux ».

C’est justement ce Père très bon que Jésus de Nazareth est venu révéler. « Jésus, par sa mort sur la croix et par sa résurrection, nous a révélé son visage, le visage d’un Dieu tellement grand dans l’amour qu’il nous communique une espérance inébranlable, que pas même la mort ne

peut entamer, parce que la vie de qui se confie à ce Père s’ouvre sur la perspective de la béatitude éternelle ».

Dans son encyclique, Benoît XVI montre que la foi chrétienne a été peu à peu remplacée dans la mentalité moderne par la « foi dans le progrès », mais que cette foi est ambiguë : le progrès scientifique peut apporter un mieux ou un pire, selon l’usage qu’en fait la liberté de l’homme.

« Le développement de la science moderne a confiné la foi et l’espérance toujours davantage dans la sphère privée et individuelle, si bien qu’aujourd’hui il apparaît de façon évidente, et parfois dramatique, que l’homme et le monde ont besoin de Dieu – du vrai Dieu ! – autrement, ils restent dépourvus d’espérance ».

« La science contribue beaucoup au bien de l’humanité - sans aucun doute -, mais elle n’est pas en mesure de le racheter. L’homme est racheté par l’amour, qui rend la vie personnelle et sociale bonne et belle. C’est pourquoi la grande espérance, pleine et définitive, est garantie par Dieu, par le Dieu qui est amour, qui, en Jésus, nous a visités, et nous a donné la vie, et en Lui reviendra à la fin des temps. C’est dans le Christ que nous espérons, c’est Lui que nous attendons ! », affirme le pape.

Il conclut sur le fait que l’espérance chrétienne, loin d’écarter le croyant de la vie concrète le pousse à l’action : « Avec Marie, sa Mère, l’Eglise va à la rencontre de l’Epoux : elle le fait par les œuvres de charité, parce que l’espérance, comme la foi, se démontre par l’amour ».

Lors de la célébration des premières vêpres du 1er dimanche de l’Avent, samedi en la basilique vaticane, le pape avait déjà présenté son encyclique une première fois aux fidèles en disant : « Je suis heureux de l’offrir en esprit à toute l’Eglise en ce premier dimanche de l’Avent, afin que, durant la préparation au saint Noël, les communautés et les fidèles individuellement puissent la lire et la méditer, pour redécouvrir la beauté et la profondeur de l’espérance chrétienne. Celle-ci est en effet inséparablement liée à la connaissance du visage de Dieu, ce visage que Jésus, le Fils unique, nous a révélé par son incarnation, par sa vie terrestre, et sa prédication, et surtout, par sa mort et sa résurrection ».

L’espérance chrétienne est donc, expliquait le pape, une espérance qui naît de la foi dans le Dieu qui est Amour, le « Père miséricordieux qui « a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique », afin que les hommes et avec eux toutes les créatures, puissent avoir la vie en abondance ».

Benoît XVI faisait observer que la religiosité païenne ne connaissait pas cette espérance, et pas non plus le « paganisme de notre temps » ni le « nihilisme contemporain », qui « corrode l’espérance dans le cœur de l’homme l’induisant à penser qu’en lui et autour de lui règne le rien : rien avant la naissance, rien après la mort ».

« En réalité, déclarait le pape, si Dieu manque, l’espérance disparaît. Tout perd son ‘épaisseur’ ». Venant à la rencontre d’une objection commune, Benoît XVI affirmait que « l’au-delà n’est pas un lieu où nous finirons après la mort, c’est au contraire la réalité de Dieu, la plénitude de vue vers laquelle tend tout être humain ».

« A cette attente de l’homme, Dieu a répondu dans le Christ, par le don de l’espérance », pourtant, l’homme, libre, peut « dire oui ou non à l’éternité, c’est-à-dire à Dieu » et peut donc « éteindre l’espérance en lui-même », « l’éliminer de sa vie ».

Or, Dieu « sait que celui qui le refuse n’a pas connu son vrai visage » et c’est pour cela, expliquait-il, que Dieu « accorde un nouveau temps à l’humanité »   

Le secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin

et la communion dans la main

 

 L’archevêque Albert Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin (organe romain qui s’occupe de la liturgie et des sacrements), trouve que le moment est arrivé de « bien évaluer », « revoir » et « si nécessaire abandonner » la pratique qui consiste à recevoir l’hostie consacrée dans la main et non sur la langue. Il l’affirme dans la préface du livre consacré à l’Eucharistie par Mgr Athanasius Schneider et publié par la Librairie Editrice Vaticane.

Selon Mgr Ranjith, une telle pratique a été « introduite abusivement et à toute vitesse dans certains milieux de l’Eglise tout de suite après le Concile » devenant ensuite « ordinaire dans toute l’Eglise ». Cette pratique « a contribué à favoriser un affaiblissement graduel et croissant de l’attitude de révérence envers les saintes espèces eucharistiques », particulièrement évident, selon lui, parmi les enfants et les adolescents. De surcroît, la possibilité de recevoir l’hostie dans la main, dénonce Mgr Ranjith, est à l’origine de « graves abus » que n’a jamais voulus le Concile Vatican II. Il y a « ceux qui emportent les sacrées espèces pour les garder en souvenir », « ceux qui les vendent » et même « ceux qui les emportent pour les profaner lors de rites sataniques ».

Pour le secrétaire du Culte Divin, le manque de recueillement et le grand esprit d’insouciance posent un problème alarmant. Une situation où des communiants reviennent à leur place comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé est inacceptable. (Pour l’intégralité de l’intervention de Mgr Ranjith cf. M. l’abbé)

Clonage : Le « père de Dolly », Ian Wilmut renonce !

Désormais « on peut faire autrement »

ROME, Lundi 19 novembre 2007 (ZENIT.org) – Le « père de Dolly », la première brebis clonée, Ian Wilmut, renonce au clonage et se penche sur les cellules souches adultes : les journaux télévisés italiens ont souligné ce revirement spectaculaire à contre courant des financements européens.
La synthèse de presse dela Fondation Jérôme Lejeune revient sur la décision du chercheur britannique (cf. http://www.genethique.org ) qui rejoint la recherche d’un chercheur japonais. En France, cette recherche japonaise est saluée par cette affirmation d’un chercheur : « on ne peut plus dire : ‘il n'y a pas moyen de faire autrement’ ».
Le professeur Ian Wilmut du « Roslin Institute » d'Edimbourg et « père » scientifique de la brebis clonée Dolly, vient d'annoncer qu'il abandonnait ses recherches sur le clonage, au profit de la production de cellules souches sans embryon, a indiqué le « Daily Telegraph » du week-end dernier.
Il renonce donc à exploiter la licence qu'il a obtenue, il y a 2 ans, pour cloner des embryons humains et souhaite désormais se rallier aux recherches du professeur Shinya Yamanaka, de l'université de Tokyo qui, en août 2006, avait réussi à créer des cellules souches adultes, dites « pluripotentes », à partir de cellules de la peau de souris auxquelles il avait ajouté 4 gènes (cf. synthèse de presse du 08/06/07). Un choix éthique et scientifique à la fois.
Ces cellules dites « IPS », aux pouvoirs similaires à ceux des cellules souches embryonnaires, évitent le recours à des ovules et la destruction des embryons. Elles pourraient également déboucher sur la mise au point de thérapies cellulaires.

Depuis, ce travail a été confirmé par 3 équipes américaines et des essais auraient été réalisés avec des cellules humaines par le professeur Yamanaka. Mardi 20 novembre, une nouvelle étude sur ces travaux sera publiée dans le journal scientifique américain « Cell ».
A l'annonce de ces résultats, l'équipe de Ian Wilmut a estimé que ces recherches avaient plus d'avenir que l'utilisation d'embryons. Ian Wilmut lui-même explique que « le travail qui nous est décrit du Japon utilise une technique de modifications des cellules directement d'un malade, en cellules souches, sans passer par un embryon cloné ».

Pour sa part, Jean-Claude Ameisen, président du comité éthique de l'Institut national dela Santé et dela Recherche médicale, en France (INSERM, cf.
http://www.inserm.fr/fr/), déclare que « le travail de Yamanaka, véritable révolution scientifique, prouve qu'il est possible de reprogrammer des cellules adultes ordinaires et montre que la plasticité des cellules est beaucoup plus grande qu'on ne le pensait ». « Avec cette technique, on ne peut plus dire : ‘il n'y a pas moyen de faire autrement’ », déclare le chercheur.

Sources : Le Figaro (Jean-Michel Bader) 19/11/07 -La Croix (Denis Sergent) 19/11/07 - BBC News 17/11/07

Et pourquoi ne se marient-ils pas ?

J’entends ou l’on me fait part ici et là des commentaires sur le célibat des prêtres que l’on voudrait voir mariés. Le comique des remarques (qui se veulent en général bienveillantes) mis à part, je crois utile de vous apporter quelques arguments pour répondre aux préoccupations de certains sur ce sujet finalement mal connu. Pour cela, voici la présentation du livre du Père Christian COCHINI : Les origines apostoliques du célibat sacerdotal, Editions « Ad Solem », 2ème édition, 2006 (Préface de S. Em. M. le Cardinal Dario Castrillon Hoyos, Préfet émérite de la Congrégation pour le Clergé) par le Père André MANARANCHE, sj, bien connu et que j’ai eu la joie d’avoir comme professeur lorsque j’étais au séminaire d’Ars. Le livre qu’il présente servait également de référence à l’un de mes professeurs de Droit Canonique à l’Université Grégorienne de Rome, Mgr Bryan Ferme, lui-même doyen de la Faculté de Droit Canonique de l’Université du Latran (Université du Pape).

    (…) Qu'y a-t-il donc dans ce livre ? Il ne s'y agit pas, contrairement au titre, du «célibat» mais de la «continence» demandée par l'Eglise aux clercs majeurs qui auraient été déjà mariés avant leur ordination. Car, en ces temps, il n'y avait pas de loi faisant du célibat une condition préalable à l'admission aux ordres sacrés. Le mariage était interdit après l'ordination, mais aucun texte n'écartait des ordres les hommes mariés : on demandait par contre à ceux-ci d'observer la continence parfaite avec leur épouse, si celle-ci était encore de ce monde. Ne mélangeons donc pas cela avec la discipline actuelle du célibat là où elle existe.

Aussi le Père Christian a-t-il pris soin, moyennant un énorme travail, de nous donner (pp. 112-147 de mon édition) la liste des clercs majeurs, évêques, prêtres et diacres, les plus connus et qui étaient engagés dans le mariage avant qu'ils aient reçus le sacrement de l’Ordre. De nous donner aussi la manière différente adoptée par l'autorité de permettre à ces hommes de vivre la continence, soit dans une cohabitation appropriée, soit dans une séparation des conjoints, l'épouse étant envoyée dans un monastère. Et là les Grecs étaient plus expéditifs que les Latins.

Christian Cochini a voulu reprendre le combat mené durement entre deux auteurs du XIX siècle, aux alentours des années 1879-1880 : François-Xavier FUNK et Gustav BICKELL. Ce dernier, fils converti d'un canoniste protestant et expert en syriaque, abandonna la lutte assez vite. Pour le premier, Funk, c'est seulement en 300, au synode d'Elvire, que la continence a été demandée aux clercs majeurs, alors qu'elle était autorisée auparavant. Il y a donc là, pour lui, un tournant historique que nous atteste la répartie, au concile de Nicée, de l'évêque Paphnuce, demandant qu'on n'ennuie pas les clercs mariés avec cette histoire d'alcôve ! Mais, à la suite d'autres auteurs, le P. Cochini dénonce le caractère fictif de cet épisode, qu'on voit seulement apparaître, sans la moindre justification, plus d'un siècle après Nicée, chez l'historien Socrate dans son Histoire ecclésiastique (vers 440), et non sans une idée derrière la tête. Pour Bickell, au contraire, qui s'appuie sur des documents syriaques, la continence a des origines apostoliques. Et c'est cette thèse, qui commençait à séduire les érudits au XIX siècle, à la grande fureur de Funk, que reprend le P. Cochini, en s'appuyant sur le 2 ème canon du concile de Carthage en 390 : « Ce qu'enseignèrent les apôtres et ce que l'antiquité elle-même a observé, faisons en sorte nous aussi de le garder ». Et l'assemblée conciliaire avait approuvé à l'unanimité.

Mais il y a plus qu'une question de dates : il s'agit de motivations. Si la règle de la continence vient d'un pur changement canonique, elle risque d'être sans fondements théologiques : elle vient seulement d'un environnement douteux qui a pesé sur l'Eglise, à savoir un climat général de dépréciation du mariage et d'enthousiasme pour la virginité, à la faveur de certaines philosophies païennes (stoïcisme et néo-platonisme) et de certaines sectes juives (encratites et gnostiques). Cette opinion est celle du Père Roger Gryson notamment, et de beaucoup d'autres, qui y trouvent de quoi minimiser sans peine un célibat qui a toujours été mal vu, à notre époque notamment. C'est à cela que s'attaque le P. Cochini, pour lequel la continence, qui n' est certes pas un pur « oukase », et encore moins une déviance, s'appuie sur des motivations directement chrétiennes, notamment le service permanent de la prière et la liberté apostolique, comme le montrent Paul (1 Corinthiens 7) et bien des Pères.

Autrement dit, si l'exigence vient des apôtres, elle n'est pas une simple règle juridique, et encore moins un dérapage de la pensée. Comme l'insinuait déjà un jésuite du siècle des Lumières, François-Antoine Zaccaria, assigner une date tardive à la règle de continence, c'est la déprécier pour pouvoir la supprimer. La date n'est pas innocente: elle juge de l'importance des motivations. Certes, en exégèse, par exemple, un document n'est pas sans valeur parce qu'il est «tardif»: l'évangile de Jean en est un bon exemple, celui d'un témoignage approfondi, plus inspiré que le flash d'un journaliste. Mais ce n'est pas ce que veulent dire, de leur propre aveu, les disciples de Funk dans la question qui nous occupe ici.

Voilà en quoi cette conclusion est très actuelle. Car, pour trop de personnes, la règle du célibat ecclésiastique n'est qu'un coup de tête que pourrait abolir un autre coup de tête, et ainsi le tour serait joué. À la grande satisfaction des médias. Pour moi, l'enjeu du livre se trouve là. La thèse que soutient Christian est en accord total avec Pastores dabo vobis de Jean-Paul II, qui demande aux intéressés et à leurs formateurs de bien comprendre la motivation théologique du célibat et surtout son lien avec l'ordination sacrée (n. 29), ce qui n'avait jamais été dit par aucun Pape avec autant de rigueur: on parlait seulement de convenance, à cause des Orientaux, de certains du moins, et pas de « radicalisme évangélique ». L'exhortation apostolique post-synodale ne se soucie donc pas de rappeler une règle de discipline, même pluriséculaire: elle tient un autre discours, très respectueux de ce que Jean-Paul II appelle le «langage du corps ». Qu'on se souvienne des catéchèses données par le pape durant quatre années sur ce sujet et éditées dans le livre merveilleux Homme et femme il les créa. Dans le document Pastores dabo vobis, il est écrit: « Dans la virginité et le célibat, la chasteté maintient sa signification fondamentale, c'est-à-dire celle d'une sexualité humaine vécue comme authentique manifestation et précieux service de l'amour de communion et de donation interpersonnelle. Cette signification subsiste pleinement dans la virginité qui, même dans le renoncement au mariage, réalise la signification sponsale du corps, moyennant une communion et une donation personnelle à Jésus-Christ et à son Eglise» (n. 29).

En ce qui concerne les Orientaux, Christian nous montre bien qu'ils ont la même règle que nous, même si l'exigence concerne seulement les évêques. Ce qu'a confirmé le concile in Trullo (692), auquel s'arrête l'enquête théologique du Père Cochini, concile s'appuyant justement lui aussi sur le canon 2 du concile de Carthage de 390 pour prouver que sa tradition vient des Apôtres.    

Au fond, le célibat des prêtres n'est pas une simple condition mise à l'embauche, car l'ordination n'a rien d'une embauche. Elle n'est pas l'objet d'un contrat de travail qui comporterait cette clause déplacée, car l'affectivité n'entre pas dans un engagement professionnel, et il serait immoral ou illégal de l'y inclure. D'ailleurs, à ce niveau juridique, le célibat serait invivable, pour avoir été consenti de force et sans conviction profonde. On ne s'engage pas pour la vie à une pure obligation, surtout une obligation de ce type. Ou alors on pourrait se dispenser des années de séminaire: il suffirait d'un bon dressage avec une surveillance policière et des amendes en cas d'infraction. Le consacré se voue à aimer sans partage, non à être «réglo». «Donne-moi un amoureux: il comprendra ce que je veux dire », dit Augustin en citant le trahit suam quemque voluptas de Virgile. L'Eglise se sera battue pour ce bonheur, pas pour une simple affaire de correction. Voilà la teneur de ce que j'ai écrit en janvier dernier au cardinal Castrillon Hoyos, alors préfet de la Congrégation du Clergé, dont je suis depuis 2003 l'un des consulteurs.

Si vous avez retenu seulement cela, vous n'aurez pas perdu votre temps, et vous aurez trouvé le fil conducteur qui vous permettra de parcourir sans vous y perdre les subtilités de cet ouvrage archi-documenté mais surtout bien pensé, qui cherche la rigueur mais pas la complication. Car, en un temps où tout le monde sait et comprend tout, surtout en matière de sexe, il est bon de pouvoir rectifier des jugements sommaires qui sortent des tripes plus que du cerveau. Et, pour prix de consolation, après avoir fait l'effort de ne pas bâcler un tel sujet, vous découvrirez des pages inattendues et captivantes sur le statut familial des Douze Apôtres.

Mais dites-vous surtout que depuis 25 ans, le climat d'Eglise a quand même bien changé. Et si vous êtes trop jeunes pour pouvoir faire une comparaison, croyez-moi sur parole, moi, le vieux... pas si vieux que çà puisque j'ai l'âge de Benoît XVI et que nous avons été ordonnés le même jour, lui à Munich et moi à Versailles! Christian Cochini vous le confirmerait certainement, car, comme l'a dit avec humour le cardinal Lustiger, Jean-Paul II a très vite «sifflé la fin de la récréation» ... pour nous offrir le vrai bonheur enfin retrouvé. Par lui rassemblé et ratifié dans Pastores dabo vobis, le synode des évêques sur la formation des séminaristes n'a voulu laisser aucun doute dans l'esprit de tous sur la volonté de l'Eglise de maintenir la loi qui exige le célibat librement choisi et perpétuel pour les candidats à l'ordination sacerdotale dans le rite latin », mais en redisant combien il est «important que le prêtre en comprenne la motivation théologique », à savoir « le lien du célibat avec l'Ordination sacrée ». Ceci est redit « de nouveau et avec force» (Pastores dabo vobis n. 29) et «au nom du radicalisme évangélique» (n. 27).

Sur ce, bonne lecture et bon vent!

Rome, le 5 décembre 2006

André Manaranche s.j.

Un choix décisif

Par Jean-François Rouayrenc

 

Jean (12, 24-26)                Quelques Grecs cherchent Jésus

 

Quelques Grecs se trouvaient parmi ceux qui étaient venus à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête. Ils s'approchèrent de Philippe, qui était de Bethsaïda  en Galilée, et lui dirent: "Maître, nous désirons voir Jésus."Philippe alla le dire à André, puis tous deux allèrent le dire à Jésus. Jésus leur répondit: "L'heure est maintenant venue où le Fils de l'Homme va être élevé à la gloire. Oui, je vous le déclare, c'est la vérité: un grain de blé reste un seul grain, s'il ne tombe pas en terre et ne meurt pas. Mais s'il meurt, il produit beaucoup de grains. Celui qui aime sa vie la perdra, mais celui qui refuse de s'y attacher dans ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, il doit me suivre; ainsi mon serviteur sera là où je suis. Mon Père honorera celui qui me sert."

 

Discussion : Un choix décisif.

L'arrivée des Grecs n'est pas ici un pur hasard, mais encore comme si souvent dansla Bible un symbole: cette arrivée représente celle de tous les non-juifs qui rejoindront Jésus par la suite, grâce à la prédication des premiers chrétiens, parmi lesquels se trouvent Philippe et André. Jésus ne se complait pas en salutations d'accueil, mais va d'emblée à l'essentiel pour leur donner à voir le sens de "l'heure" (verset 23). C'est  "l'heure" d'un choix, non pas entre ne pas mourirou mourir, mais entre être stérile et être fertile. C'est "l'heure" d'un discernement entre ce monde-ci, marqué par la gloire humaine, l'orgueil, les ténèbres, le mensonge, et la mort. Il ne s'agit pas ici de faire un dénigrement de notre humanité comme tant de fois. Jésus sait bien que nous avons besoin d'amour quand bien même nous devons vivre dans un monde qui n'est pas fait pour sa gloire, comme il nous l'a demandé, mais qui s'est détourné de ses valeurs chrétiennes et qui va lentement à sa perdition, comme il nous l'a annoncé. Partout l'on voit des signes avant-coureurs des catastrophes annoncées: pour ne prendre qu'un exemple de l'actualité, les néerlandais sacrifient leurs polders devant la montée des eaux et envisagent de dépenser des milliards d'euros de travaux pour rehausser les digues qui protègent leurs terres. Et cela après que l'homme ait fait fondre la  banquise de l'arctique. N'est-ce pas là pure folie ! Ce que nous demande Jésus, c'est de nous tourner à nouveau vers lui et vers notre prochain, pour être des témoins de sa Sagesse et de Son amour dans notre monde tel qu'il est. C'est là porter du fruit, annoncer un monde de paix où le bonheur de chacun triomphera de toute division. Que nous nous mettions tous là où nous sommes au service des autres avec l'Amour de Jésus au fond du coeur. Celui qui accepte de suivre Jésus en donnant sa vie pour les autres, entre de plain-pied dans la présence de Dieu. La mort de Jésus oblige à prendre position: échec ou victoire ? Il appartient à chacun de le manifester.

Déclaration de Mgr André Marceau

            Le Téléthon

• Un évènement qui marque la vie nationale depuis 20 années.
• Une générosité qui ne se départit pas.
• Des moyens financiers donnés à des programmes de recherche médicale.
• La lutte possible contre une maladie face à laquelle la médecine est encore impuissante.


Mais des interrogations sont là, qu’en conscience, chrétiens, nous ne pouvons éluder ou minimiser.
L’expérimentation pratiquée à partir d’embryons humains, même encadrée légalement, est-elle acceptable moralement ?
L’Eglise manifeste des réserves face à ces pratiques et rappelle que l’embryon humain n’est pas « une chose », il porte la vie. Cela ne se décrète pas.
Tout est-il donc permis même pour un bien escompté et même pour améliorer la vie? Non.

Déjà d’autres pistes scientifiques sont explorées (sang du cordon ombilical…). La poursuite de ces travaux n’appelle pas les mêmes réserves et constitue d’intéressantes alternatives.
Peut-être que pour respecter les convictions des donateurs, des aménagements peuvent être trouvés pour la destination des dons (dons fléchés).
De même, touchant à la forme de la collecte, une moindre « vedettarisation » de certaines personnes malades serait peut-être souhaitable.

Personnellement, je souscris à la déclaration faite par le nouveau président de la Conférence épiscopale, le Cardinal André VINGT-TROIS (Discours de clôture du 8 octobre 2007 à Lourdes) et je soutiens la position évoquée par le Cardinal Jean-Pierre RICARD, ancien président, au cours d’une interview (La Croix, 30 octobre 2007).                                                                                                                                          Mgr André MARCEAU

En clôturant l'Assemblée des évêques à Lourdes, le Cardinal Vingt-Trois met en garde notre société contre l'instrumentalisation croissante de la personne humaine.

"Notre mission, c’est aussi d’alerter les consciences de nos contemporains. Nous le savons, les occasions ne manquent pas. La prochaine révision des lois de bioéthique supposera des interventions qualifiées auxquelles une cellule de notre conférence travaille déjà. Mais, plus profondément que les prises de position nécessaires sur tel ou tel sujet particulier, c’est tout un état d’esprit qui est en cause, une mentalité. Tous doivent travailler à ce niveau de profondeur où affleure la question de l’homme, de sa dignité et de sa vocation. Nous ne pouvons rester comme des chiens muets quand nous voyons se développer une sorte d’instrumentalisation rampante de la personne humaine. On le constate aussi bien dans les domaines économiques et sociaux que dans le domaine de la bioéthique. Jusqu’où irons-nous dans l’utilisation et l’exploitation de l’être humain pour la satisfaction de nos désirs, même légitimes, même généreux ? C’est à la lente transformation des attentes et des requêtes de nos contemporains que nous devons travailler sans relâche. Nous devons avoir le courage de leur dire que notre mode de vie actuel ne pourra pas être préservé sans grave dommage pour l’avenir : dommage écologique mais aussi dommage financier des dépenses faites sur le compte des générations futures, misère culturelle et misère affective.

Nous souhaitons que chacun réfléchisse.

C’est à ce niveau de réflexion que se situent les questions que nous avons posées à propos du téléthon. Nous pensons d’abord aux jeunes malades et à leurs familles, à leurs espoirs de guérison et à leur courage. Nous admirons la générosité qui anime ceux qui participent au téléthon et nous n’avons pas l’intention de jeter le discrédit sur cette générosité qui porte des fruits. Des chrétiens nombreux se joignent à ce grand mouvement de solidarité comme à d’autres initiatives qui ne sont pour autant ni confessionnelles ni implantées dans des organisations ecclésiales. Mais la générosité ne légitime pas tout. Nous souhaitons donc que chacun réfléchisse et que soient entendues les graves questions que nous avons soulevées : tri embryonnaire, utilisation des cellules embryonnaires et médiatisation de jeunes malades. Ces questions ne sont pas seulement les nôtres, mais nous devons les formuler."
Le cardinal Vingt-Trois est président dela Conférence des évêques de France. Extrait de son discours de clôture de l'Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, Novembre 2007.

 

EUROPE : avortements à géographie variable

Les chiffres de l’avortement évoluent différemment en Europe.

Ils augmentent en France. L’aveu  -capital- de Simone Veil.

 

Alors qu’ils sont en hausse en Angleterre, les chiffres de l’avortement reculent en Allemagne pour la seconde année consécutive. Selon le ministère de la Santé allemand, ils auraient baissé de 4,4 % en un an. Les experts avancent comme explication une meilleure information sur les moyens de contraception. Selon le gynécologue bavarois Peter Hausser, une prise de conscience serait en train de s’opérer : « Les enfants ont de nos jours apparemment une valeur supérieure à cette d’il y a quelques années en arrière. Beaucoup de femmes dans

l’incertitude, optent pour garder leur enfant » (Süddeutsche Zeitung, Uhr-newsletter, 14 juin).

En France, les choses ne vont pas dans le même sens. Une déclaration capitale de Simone Veil à l’occasion d’un reportage de France 2 sur l'avortement "à hauts risques", diffusé le 14 juin, peut l’expliquer. La lettre Genetique.org, rapporte que ce reportage montre une journaliste enceinte de 8 mois se voyant proposer un avortement dans une clinique privée de Barcelone pour la somme de 4 000 euros. Interrogée, Simone Veil, « auteur de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en 1975, reconnaît que cette situation est "effrayante", mais qu'on ne peut pas empêcher les femmes de se rendre en Espagne. Elle rappelle que, selon la Cour européenne, cette question relève des législations nationales et non de l'Europe. Mme Veil rappelle qu'une clause de conscience figure dans la loi de 1975 : "C'est une question éthique et pas seulement un geste médical", explique-t-elle ».
La suite est encore plus intéressante : « La seule chose que j'avais négociée avec l'Eglise était de ne pas contraindre les médecins. C'est un point à maintenir, car on ne peut obliger personne à aller contre ses convictions. Il est de plus en plus évident scientifiquement que, dès la conception, il s'agit d'un être vivant. » Cet aveu est une pièce à conviction pour l’histoire. Il inspire à Patrice de Plunkett le commentaire suivant sur son
blog : « Depuis la loi de 1975, il était convenu de ne pas poser le problème. Voici que Simone Veil le pose. Et le résout. Dans le sens le plus “politiquement incorrect”qui soit !» C’est une preuve de plus qu’en France, à la différence des États-Unis, les catholiques ont passé à l’époque un compromis avec l’État français, au nom de la laïcité et de ses intérêts. Y aura-t-il un jour repentance sur ce point?