Spiritualité
"redécouvrir
la confession c'est redécouvrir l'Amour de Dieu"
Exhortation de Sa Sainteté Benoît XVI "Sacramentum Caritatis"
(lien site du Vatican)
Académie Pontificale pour la Vie
Le
décalogue de la sérénité de Jean XXIII
"L'homme est racheté par l'amour"
Clonage : Le « père de Dolly », Ian Wilmut renonce !
Et pourquoi ne se marient-ils pas ?
Europe : avortements à géographie variable
"L'homme est racheté par l'amour"
BENOIT XVI présente son encyclique
« L’homme est
racheté par l’amour » : Benoît XVI a résumé son encyclique sur
l’espérance chrétienne, « Spe salvi » en insistant sur cet aspect du
texte qu’il a signé le 30 novembre. « La science contribue beaucoup au
bien de l’humanité - sans aucun doute -, mais elle n’est pas en mesure de le
racheter. L’homme est racheté par l’amour, qui rend la vie personnelle et
sociale bonne et belle », a souligné le pape.
Après
avoir évoqué le sens du temps de l’Avent, temps de l’attente pleine
d’espérance, qui commence par ce premier dimanche, le pape a dit :
« Ce dimanche est donc un jour indiqué s’il en est pour offrir à toute
l’Eglise et à tous les hommes de bonne volonté ma seconde encyclique que j’ai
justement voulu consacrer au thème de l’espérance chrétienne. Elle s’intitule
« Spe salvi » parce qu’elle s’ouvre par l’expression de saint
Paul : « Spe salvi facti sumus – Dans l’espérance nous avons tous été
sauvés » (Epître aux Romains 8, 24) ».
Benoît XVI a souligné
combien l’espérance est liée à la foi, dans le Nouveau Testament et dans la vie
des saints. Mais le pape a expliqué surtout la racine de cette espérance
chrétienne : la foi dans la miséricorde et la bonté de Dieu :
« C’est un don qui change la vie de qui le reçoit, comme le démontre
l’expérience de tant de saints et de saintes. En quoi consiste cette
expérience, si grande et si ‘fiable’ qu’elle nous fait dire qu’en elle nous
avons le ‘salut’ ? Elle consiste, en substance, dans la connaissance de
Dieu, dans la découverte de son cœur de Père bon et miséricordieux ».
C’est justement ce
Père très bon que Jésus de Nazareth est venu révéler. « Jésus, par sa mort
sur la croix et par sa résurrection, nous a révélé son visage, le visage d’un
Dieu tellement grand dans l’amour qu’il nous communique une espérance
inébranlable, que pas même la mort ne
peut entamer, parce
que la vie de qui se confie à ce Père s’ouvre sur la perspective de la
béatitude éternelle ».
Dans son encyclique,
Benoît XVI montre que la foi chrétienne a été peu à peu remplacée dans la
mentalité moderne par la « foi dans le progrès », mais que cette foi
est ambiguë : le progrès scientifique peut apporter un mieux ou un pire,
selon l’usage qu’en fait la liberté de l’homme.
« Le
développement de la science moderne a confiné la foi et l’espérance toujours
davantage dans la sphère privée et individuelle, si bien qu’aujourd’hui il
apparaît de façon évidente, et parfois dramatique, que l’homme et le monde ont
besoin de Dieu – du vrai Dieu ! – autrement, ils restent dépourvus
d’espérance ».
« La science
contribue beaucoup au bien de l’humanité - sans aucun doute -, mais elle n’est
pas en mesure de le racheter. L’homme est racheté par l’amour, qui rend la
vie personnelle et sociale bonne et belle. C’est pourquoi la grande espérance,
pleine et définitive, est garantie par Dieu, par le Dieu qui est amour, qui, en
Jésus, nous a visités, et nous a donné la vie, et en Lui reviendra à la fin des
temps. C’est dans le Christ que nous espérons, c’est Lui que nous
attendons ! », affirme le pape.
Il conclut sur
le fait que l’espérance chrétienne, loin d’écarter le croyant de la vie
concrète le pousse à l’action : « Avec Marie, sa Mère, l’Eglise va à la
rencontre de l’Epoux : elle le fait par les œuvres de charité, parce que
l’espérance, comme la foi, se démontre par l’amour ».
Lors de la
célébration des premières vêpres du 1er dimanche de l’Avent, samedi en la
basilique vaticane, le pape avait déjà présenté son encyclique une première
fois aux fidèles en disant : « Je suis heureux de l’offrir en esprit
à toute l’Eglise en ce premier dimanche de l’Avent, afin que, durant la
préparation au saint Noël, les communautés et les fidèles individuellement
puissent la lire et la méditer, pour redécouvrir la beauté et la profondeur de
l’espérance chrétienne. Celle-ci est en effet inséparablement liée à la
connaissance du visage de Dieu, ce visage que Jésus, le Fils unique, nous a
révélé par son incarnation, par sa vie terrestre, et sa prédication, et surtout,
par sa mort et sa résurrection ».
L’espérance
chrétienne est donc, expliquait le pape, une espérance qui naît de la foi dans
le Dieu qui est Amour, le « Père miséricordieux qui « a tant aimé le
monde qu’il nous a donné son Fils unique », afin que les hommes et avec
eux toutes les créatures, puissent avoir la vie en abondance ».
Benoît XVI faisait
observer que la religiosité païenne ne connaissait pas cette espérance, et pas
non plus le « paganisme de notre temps » ni le « nihilisme
contemporain », qui « corrode l’espérance dans le cœur de l’homme
l’induisant à penser qu’en lui et autour de lui règne le rien : rien avant
la naissance, rien après la mort ».
« En réalité,
déclarait le pape, si Dieu manque, l’espérance disparaît. Tout perd son
‘épaisseur’ ». Venant à la rencontre d’une objection commune, Benoît XVI
affirmait que « l’au-delà n’est pas un lieu où nous finirons après la
mort, c’est au contraire la réalité de Dieu, la plénitude de vue vers laquelle
tend tout être humain ».
« A cette
attente de l’homme, Dieu a répondu dans le Christ, par le don de
l’espérance », pourtant, l’homme, libre, peut « dire oui ou non à
l’éternité, c’est-à-dire à Dieu » et peut donc « éteindre l’espérance
en lui-même », « l’éliminer de sa vie ».
Or, Dieu « sait que celui qui le refuse n’a pas connu son vrai visage » et c’est pour cela, expliquait-il, que Dieu « accorde un nouveau temps à l’humanité »
Le secrétaire de
L’archevêque Albert
Malcolm Ranjith, secrétaire de
Selon Mgr Ranjith, une telle pratique a été
« introduite abusivement et à toute vitesse dans certains milieux de
l’Eglise tout de suite après le Concile » devenant ensuite
« ordinaire dans toute l’Eglise ». Cette pratique « a contribué
à favoriser un affaiblissement graduel et croissant de l’attitude de révérence
envers les saintes espèces eucharistiques », particulièrement évident,
selon lui, parmi les enfants et les adolescents. De surcroît, la possibilité de
recevoir l’hostie dans la main, dénonce Mgr Ranjith, est à l’origine de
« graves abus » que n’a jamais voulus le Concile Vatican II. Il y a
« ceux qui emportent les sacrées espèces pour les garder en
souvenir », « ceux qui les vendent » et même « ceux qui les
emportent pour les profaner lors de rites sataniques ».
Pour le secrétaire du Culte Divin, le manque de recueillement et le grand esprit d’insouciance posent un problème alarmant. Une situation où des communiants reviennent à leur place comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé est inacceptable. (Pour l’intégralité de l’intervention de Mgr Ranjith cf. M. l’abbé)
Clonage : Le « père de Dolly », Ian Wilmut renonce !
Désormais « on peut faire
autrement »
ROME, Lundi 19 novembre
2007 (ZENIT.org)
– Le « père de Dolly », la première brebis clonée, Ian Wilmut, renonce au clonage
et se penche sur les cellules souches adultes : les journaux télévisés italiens
ont souligné ce revirement spectaculaire à contre courant des financements
européens.
La synthèse de presse de
Le professeur Ian Wilmut du « Roslin Institute » d'Edimbourg et « père »
scientifique de la brebis clonée Dolly, vient d'annoncer qu'il abandonnait ses
recherches sur le clonage, au profit de la production de cellules souches sans
embryon, a indiqué le « Daily Telegraph » du week-end dernier.
Il renonce donc à exploiter la licence qu'il a obtenue, il y a 2 ans, pour
cloner des embryons humains et souhaite désormais se rallier aux recherches du
professeur Shinya Yamanaka, de l'université de Tokyo qui, en août 2006, avait
réussi à créer des cellules souches adultes, dites « pluripotentes », à partir
de cellules de la peau de souris auxquelles il avait ajouté 4 gènes (cf.
synthèse de presse du 08/06/07). Un choix éthique et scientifique à la fois.
Ces cellules dites « IPS », aux pouvoirs similaires à ceux des cellules souches
embryonnaires, évitent le recours à des ovules et la destruction des embryons.
Elles pourraient également déboucher sur la mise au point de thérapies
cellulaires.
Depuis, ce travail a été
confirmé par 3 équipes américaines et des essais auraient été réalisés avec des
cellules humaines par le professeur Yamanaka. Mardi 20 novembre, une nouvelle
étude sur ces travaux sera publiée dans le journal scientifique américain «
Cell ».
A l'annonce de ces résultats, l'équipe de Ian Wilmut a estimé que ces
recherches avaient plus d'avenir que l'utilisation d'embryons. Ian Wilmut
lui-même explique que « le travail qui nous est décrit du Japon utilise une
technique de modifications des cellules directement d'un malade, en cellules
souches, sans passer par un embryon cloné ».
Pour sa part, Jean-Claude Ameisen, président du comité éthique de l'Institut
national de
Sources : Le Figaro (Jean-Michel Bader) 19/11/07 -
Et pourquoi ne se marient-ils pas ?
J’entends ou l’on
me fait part ici et là des commentaires sur le célibat des prêtres que l’on
voudrait voir mariés. Le comique des remarques (qui se veulent en général
bienveillantes) mis à part, je crois utile de vous apporter quelques arguments
pour répondre aux préoccupations de certains sur ce sujet finalement mal connu.
Pour cela, voici la présentation du livre du Père Christian COCHINI : Les
origines apostoliques du célibat sacerdotal, Editions « Ad
Solem », 2ème édition, 2006 (Préface de S. Em. M. le
Cardinal Dario Castrillon Hoyos, Préfet émérite de la Congrégation pour le
Clergé) par le Père André MANARANCHE, sj, bien connu et que j’ai eu la joie
d’avoir comme professeur lorsque j’étais au séminaire d’Ars. Le livre qu’il
présente servait également de référence à l’un de mes professeurs de Droit Canonique
à l’Université Grégorienne de Rome, Mgr Bryan Ferme, lui-même doyen de la Faculté
de Droit Canonique de l’Université du Latran (Université du Pape).
(…) Qu'y a-t-il
donc dans ce livre ? Il ne s'y agit pas, contrairement au titre, du «célibat»
mais de la «continence» demandée par l'Eglise aux clercs majeurs qui auraient
été déjà mariés avant leur ordination. Car, en ces temps, il n'y avait pas de
loi faisant du célibat une condition préalable à l'admission aux ordres sacrés.
Le mariage était interdit après l'ordination, mais aucun texte n'écartait des
ordres les hommes mariés : on demandait par contre à ceux-ci d'observer la
continence parfaite avec leur épouse, si celle-ci était encore de ce monde. Ne
mélangeons donc pas cela avec la discipline actuelle du célibat là où elle
existe.
Aussi le Père Christian a-t-il pris soin, moyennant un
énorme travail, de nous donner (pp. 112-147 de mon édition) la liste des clercs
majeurs, évêques, prêtres et diacres, les plus connus et qui étaient engagés
dans le mariage avant qu'ils aient reçus le sacrement de l’Ordre. De nous
donner aussi la manière différente adoptée par l'autorité de permettre à ces
hommes de vivre la continence, soit dans une cohabitation appropriée, soit dans
une séparation des conjoints, l'épouse étant envoyée dans un monastère. Et là
les Grecs étaient plus expéditifs que les Latins.
Christian Cochini a voulu reprendre le combat mené
durement entre deux auteurs du XIX siècle, aux alentours des années
1879-1880 : François-Xavier FUNK et Gustav BICKELL. Ce dernier, fils
converti d'un canoniste protestant et expert en syriaque, abandonna la lutte
assez vite. Pour le premier, Funk, c'est seulement en 300, au synode d'Elvire,
que la continence a été demandée aux clercs majeurs, alors qu'elle était
autorisée auparavant. Il y a donc là, pour lui, un tournant historique que nous
atteste la répartie, au concile de Nicée, de l'évêque Paphnuce, demandant qu'on
n'ennuie pas les clercs mariés avec cette histoire d'alcôve ! Mais, à la
suite d'autres auteurs, le P. Cochini dénonce le caractère fictif de cet
épisode, qu'on voit seulement apparaître, sans la moindre justification, plus
d'un siècle après Nicée, chez l'historien Socrate dans son Histoire
ecclésiastique (vers 440), et non sans une idée derrière la tête. Pour
Bickell, au contraire, qui s'appuie sur des documents syriaques, la continence
a des origines apostoliques. Et c'est cette thèse, qui commençait à séduire les
érudits au XIX siècle, à la grande fureur de Funk, que reprend le P. Cochini,
en s'appuyant sur le 2 ème canon du concile de Carthage en
390 : « Ce qu'enseignèrent les apôtres et ce que l'antiquité
elle-même a observé, faisons en sorte nous aussi de le garder ». Et
l'assemblée conciliaire avait approuvé à l'unanimité.
Mais il y a plus qu'une question de dates : il
s'agit de motivations. Si la règle de la continence vient d'un pur changement
canonique, elle risque d'être sans fondements théologiques : elle vient
seulement d'un environnement douteux qui a pesé sur l'Eglise, à savoir un
climat général de dépréciation du mariage et d'enthousiasme pour la virginité,
à la faveur de certaines philosophies païennes (stoïcisme et néo-platonisme) et
de certaines sectes juives (encratites et gnostiques). Cette opinion est celle
du Père Roger Gryson notamment, et de beaucoup d'autres, qui y trouvent de quoi
minimiser sans peine un célibat qui a toujours été mal vu, à notre époque
notamment. C'est à cela que s'attaque le P. Cochini, pour lequel la continence,
qui n' est certes pas un pur « oukase », et encore moins une
déviance, s'appuie sur des motivations directement chrétiennes, notamment le
service permanent de la prière et la liberté apostolique, comme le montrent
Paul (1 Corinthiens 7) et bien des Pères.
Autrement dit, si l'exigence vient des apôtres, elle
n'est pas une simple règle juridique, et encore moins un dérapage de la pensée.
Comme l'insinuait déjà un jésuite du siècle des Lumières, François-Antoine
Zaccaria, assigner une date tardive à la règle de continence, c'est la
déprécier pour pouvoir la supprimer. La date n'est pas innocente: elle juge de
l'importance des motivations. Certes, en exégèse, par exemple, un document
n'est pas sans valeur parce qu'il est «tardif»: l'évangile de Jean en est un
bon exemple, celui d'un témoignage approfondi, plus inspiré que le flash d'un
journaliste. Mais ce n'est pas ce que veulent dire, de leur propre aveu, les
disciples de Funk dans la question qui nous occupe ici.
Voilà en quoi cette conclusion est très actuelle. Car,
pour trop de personnes, la règle du célibat ecclésiastique n'est qu'un coup de
tête que pourrait abolir un autre coup de tête, et ainsi le tour serait joué. À
la grande satisfaction des médias. Pour moi, l'enjeu du livre se trouve là. La
thèse que soutient Christian est en accord total avec Pastores dabo vobis de Jean-Paul II, qui demande
aux intéressés et à leurs formateurs de bien comprendre la motivation
théologique du célibat et surtout son lien avec l'ordination sacrée (n. 29), ce
qui n'avait jamais été dit par aucun Pape avec autant de rigueur: on parlait
seulement de convenance, à cause des Orientaux, de certains du moins, et pas de
« radicalisme évangélique ». L'exhortation apostolique post-synodale ne se
soucie donc pas de rappeler une règle de discipline, même pluriséculaire: elle
tient un autre discours, très respectueux de ce que Jean-Paul II appelle le «langage
du corps ». Qu'on se souvienne des catéchèses données par le pape durant quatre
années sur ce sujet et éditées dans le livre merveilleux Homme et femme il
les créa. Dans le document Pastores dabo vobis, il est écrit: « Dans
la virginité et le célibat, la chasteté maintient sa signification
fondamentale, c'est-à-dire celle d'une sexualité humaine vécue comme
authentique manifestation et précieux service de l'amour de communion et de
donation interpersonnelle. Cette signification subsiste pleinement dans la
virginité qui, même dans le renoncement au mariage, réalise la signification sponsale
du corps, moyennant une communion et une donation personnelle à Jésus-Christ et
à son Eglise» (n. 29).
En ce qui concerne les Orientaux, Christian nous montre
bien qu'ils ont la même règle que nous, même si l'exigence concerne seulement
les évêques. Ce qu'a confirmé le concile in Trullo (692), auquel
s'arrête l'enquête théologique du Père Cochini, concile s'appuyant justement
lui aussi sur le canon 2 du concile de Carthage de 390 pour prouver que sa
tradition vient des Apôtres.
Au fond, le célibat des prêtres n'est pas une simple
condition mise à l'embauche, car l'ordination n'a rien d'une embauche. Elle
n'est pas l'objet d'un contrat de travail qui comporterait cette clause
déplacée, car l'affectivité n'entre pas dans un engagement professionnel, et il
serait immoral ou illégal de l'y inclure. D'ailleurs, à ce niveau juridique, le
célibat serait invivable, pour avoir été consenti de force et sans conviction
profonde. On ne s'engage pas pour la vie à une pure obligation, surtout une
obligation de ce type. Ou alors on pourrait se dispenser des années de
séminaire: il suffirait d'un bon dressage avec une surveillance policière et
des amendes en cas d'infraction. Le consacré se voue à aimer sans partage, non
à être «réglo». «Donne-moi un amoureux: il comprendra ce que je veux dire »,
dit Augustin en citant le trahit suam quemque voluptas de Virgile.
L'Eglise se sera battue pour ce bonheur, pas pour une simple affaire de correction.
Voilà la teneur de ce que j'ai écrit en janvier dernier au cardinal Castrillon
Hoyos, alors préfet de la Congrégation du Clergé, dont je suis depuis 2003 l'un
des consulteurs.
Si vous avez retenu seulement cela, vous n'aurez pas
perdu votre temps, et vous aurez trouvé le fil conducteur qui vous permettra de
parcourir sans vous y perdre les subtilités de cet ouvrage archi-documenté mais
surtout bien pensé, qui cherche la rigueur mais pas la complication. Car, en un
temps où tout le monde sait et comprend tout, surtout en matière de sexe, il
est bon de pouvoir rectifier des jugements sommaires qui sortent des tripes
plus que du cerveau. Et, pour prix de consolation, après avoir fait l'effort de
ne pas bâcler un tel sujet, vous découvrirez des pages inattendues et
captivantes sur le statut familial des Douze Apôtres.
Mais dites-vous surtout que depuis 25 ans, le climat
d'Eglise a quand même bien changé. Et si vous êtes trop jeunes pour pouvoir
faire une comparaison, croyez-moi sur parole, moi, le vieux... pas si vieux que
çà puisque j'ai l'âge de Benoît XVI et que nous avons été ordonnés le même
jour, lui à Munich et moi à Versailles! Christian Cochini vous le confirmerait
certainement, car, comme l'a dit avec humour le cardinal Lustiger, Jean-Paul II
a très vite «sifflé la fin de la récréation» ... pour nous offrir le vrai
bonheur enfin retrouvé. Par lui rassemblé et ratifié dans Pastores dabo
vobis, le synode des évêques sur la formation des séminaristes n'a voulu
laisser aucun doute dans l'esprit de tous sur la volonté de l'Eglise de
maintenir la loi qui exige le célibat librement choisi et perpétuel pour les
candidats à l'ordination sacerdotale dans le rite latin », mais en redisant
combien il est «important que le prêtre en comprenne la motivation
théologique », à savoir « le lien du célibat avec l'Ordination sacrée ». Ceci
est redit « de nouveau et avec force» (Pastores dabo vobis n. 29) et «au
nom du radicalisme évangélique» (n. 27).
Sur ce, bonne lecture et bon vent!
Rome, le 5 décembre 2006
André Manaranche s.j.
Par Jean-François Rouayrenc
Jean (12, 24-26) Quelques Grecs cherchent Jésus
Quelques Grecs se trouvaient parmi ceux qui étaient venus à Jérusalem pour
adorer Dieu pendant la fête. Ils s'approchèrent de Philippe, qui était de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent: "Maître, nous
désirons voir Jésus."Philippe alla le dire à André, puis tous deux
allèrent le dire à Jésus. Jésus leur répondit: "L'heure est maintenant
venue où le Fils de l'Homme va être élevé à la gloire. Oui, je vous le déclare,
c'est la vérité: un grain de blé reste un seul grain, s'il ne tombe pas en
terre et ne meurt pas. Mais s'il meurt, il produit beaucoup de grains. Celui
qui aime sa vie la perdra, mais celui qui refuse de s'y attacher dans ce monde
la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, il doit me
suivre; ainsi mon serviteur sera là où je suis. Mon Père
honorera celui qui me sert."
Discussion : Un choix décisif.
L'arrivée des Grecs n'est pas ici un pur hasard, mais
encore comme si souvent dans
Le
Téléthon
• Un évènement qui marque la vie nationale depuis 20 années.
• Une générosité qui ne se départit pas.
• Des moyens financiers donnés à des programmes de recherche médicale.
• La lutte possible contre une maladie face à laquelle la médecine est encore
impuissante.
Mais des interrogations sont là, qu’en conscience, chrétiens, nous ne pouvons
éluder ou minimiser.
L’expérimentation pratiquée à partir d’embryons humains, même encadrée
légalement, est-elle acceptable moralement ?
L’Eglise manifeste des réserves face à ces pratiques et rappelle que l’embryon
humain n’est pas « une chose », il porte la vie. Cela ne se décrète pas.
Tout est-il donc permis même pour un bien escompté et même pour améliorer la
vie? Non.
Déjà d’autres pistes scientifiques sont explorées (sang du cordon ombilical…).
La poursuite de ces travaux n’appelle pas les mêmes réserves et constitue
d’intéressantes alternatives.
Peut-être que pour respecter les convictions des donateurs, des aménagements
peuvent être trouvés pour la destination des dons (dons fléchés).
De même, touchant à la forme de la collecte, une moindre « vedettarisation » de
certaines personnes malades serait peut-être souhaitable.
Personnellement, je souscris à la déclaration faite par le nouveau président de
la Conférence épiscopale, le Cardinal André VINGT-TROIS (Discours de clôture du
8 octobre 2007 à Lourdes) et je soutiens la position évoquée par le Cardinal
Jean-Pierre RICARD, ancien président, au cours d’une interview (La Croix, 30
octobre 2007).
Mgr André MARCEAU
En clôturant l'Assemblée des
évêques à Lourdes, le Cardinal Vingt-Trois met en garde notre société contre
l'instrumentalisation croissante de la personne humaine.
"Notre mission, c’est aussi d’alerter les consciences de nos
contemporains. Nous le savons, les occasions ne manquent pas. La prochaine
révision des lois de bioéthique supposera des interventions qualifiées
auxquelles une cellule de notre conférence travaille déjà. Mais, plus
profondément que les prises de position nécessaires sur tel ou tel sujet
particulier, c’est tout un état d’esprit qui est en cause, une mentalité. Tous
doivent travailler à ce niveau de profondeur où affleure la
question de l’homme, de sa dignité et de sa vocation. Nous ne pouvons rester
comme des chiens muets quand nous voyons se développer une sorte
d’instrumentalisation rampante de la personne humaine. On le constate aussi bien dans les domaines économiques et
sociaux que dans le domaine de la bioéthique. Jusqu’où irons-nous dans l’utilisation et l’exploitation de l’être humain pour la satisfaction
de nos désirs, même légitimes, même généreux ? C’est à la lente transformation
des attentes et des requêtes de nos contemporains que nous devons travailler
sans relâche. Nous devons avoir le courage de leur dire que notre mode de vie
actuel ne pourra pas être préservé sans grave dommage pour l’avenir : dommage
écologique mais aussi dommage financier des dépenses faites sur le compte des
générations futures, misère culturelle et misère affective.
Nous souhaitons que chacun réfléchisse.
C’est à ce niveau de réflexion que se situent les questions que nous avons
posées à propos du téléthon. Nous pensons d’abord aux jeunes malades et à leurs
familles, à leurs espoirs de guérison et à leur courage. Nous admirons la
générosité qui anime ceux qui participent au téléthon et nous n’avons pas
l’intention de jeter le discrédit sur cette générosité qui porte des fruits.
Des chrétiens nombreux se joignent à ce grand mouvement de solidarité comme à
d’autres initiatives qui ne sont pour autant ni confessionnelles ni implantées
dans des organisations ecclésiales. Mais la générosité ne légitime pas tout.
Nous souhaitons donc que chacun réfléchisse et que soient entendues les graves
questions que nous avons soulevées : tri embryonnaire, utilisation des cellules
embryonnaires et médiatisation de jeunes malades. Ces questions ne sont pas
seulement les nôtres, mais nous devons les formuler."
Le cardinal Vingt-Trois est président de
EUROPE : avortements à géographie variable
Les chiffres de l’avortement évoluent différemment en Europe.
Ils augmentent en France. L’aveu -capital- de Simone Veil.
Alors qu’ils sont en hausse en Angleterre, les chiffres de l’avortement reculent en Allemagne pour la seconde année consécutive. Selon le ministère de la Santé allemand, ils auraient baissé de 4,4 % en un an. Les experts avancent comme explication une meilleure information sur les moyens de contraception. Selon le gynécologue bavarois Peter Hausser, une prise de conscience serait en train de s’opérer : « Les enfants ont de nos jours apparemment une valeur supérieure à cette d’il y a quelques années en arrière. Beaucoup de femmes dans
l’incertitude, optent pour garder leur enfant » (Süddeutsche Zeitung, Uhr-newsletter, 14 juin).
En France, les choses ne vont pas dans le même sens. Une déclaration capitale
de Simone Veil à l’occasion d’un reportage de France 2 sur l'avortement "à
hauts risques", diffusé le 14 juin, peut l’expliquer. La lettre Genetique.org,
rapporte que ce reportage montre une journaliste enceinte de 8 mois se voyant
proposer un avortement dans une clinique privée de Barcelone pour la somme de 4
000 euros. Interrogée, Simone Veil, « auteur de la loi sur l'interruption volontaire
de grossesse (IVG) en 1975, reconnaît que cette situation est
"effrayante", mais qu'on ne peut pas empêcher les femmes de se rendre
en Espagne. Elle rappelle que, selon la Cour européenne, cette question relève
des législations nationales et non de l'Europe. Mme Veil rappelle qu'une clause
de conscience figure dans la loi de 1975 : "C'est une question éthique et
pas seulement un geste médical", explique-t-elle ».
La suite est encore plus intéressante : « La seule chose que j'avais
négociée avec l'Eglise était de ne pas contraindre les médecins. C'est un point
à maintenir, car on ne peut obliger personne à aller contre ses convictions. Il
est de plus en plus évident scientifiquement que, dès la conception, il s'agit
d'un être vivant. » Cet aveu est une pièce à conviction pour l’histoire. Il
inspire à Patrice de Plunkett le commentaire suivant sur son blog :
« Depuis la loi de 1975, il était convenu de ne pas poser le problème. Voici
que Simone Veil le pose. Et le résout. Dans le sens le plus “politiquement
incorrect”qui soit !» C’est une preuve de plus qu’en France, à la différence des États-Unis, les
catholiques ont passé à l’époque un compromis avec l’État français, au nom de
la laïcité et de ses intérêts. Y aura-t-il un jour repentance sur ce
point?